Une soirée de fingerpicking American Primitive à l’état brut
Glenn Jones
Glenn Jones s’est d’abord fait connaître avec le “rock band” Cul De Sac, un groupe qui a plus souvent joué avec Damo Suzuki, le chanteur de CAN, que CAN n’a joué avec lui. Depuis, il est devenu l’un des guitaristes American Primitive les plus importants du XXIe siècle.
Au fil de dix albums, Jones a développé une voix fingerstyle immédiatement reconnaissable et résolument singulière. Sa musique s’est forgé un langage mélodique qui lui est propre : drôle, réflexive, ancrée dans la mémoire. Des esquisses de Fahey, son amitié avec John Jackson, ses premières visites chez le collectionneur de 78 tours Joe Bussard ou encore son lien avec Jack Rose ont tous laissé leur empreinte dans son travail.
On y entend aussi des portraits tendres de sa mère, Nora Smith, et de petits repères du quotidien, comme ses chats adorés. Les compositions de Jones ressemblent à des souvenirs vivants, façonnés par la curiosité, la dévotion et la beauté fugace de la vie quotidienne.
Au fil des années, il est resté une figure incontournable de l’underground, affinant et réinventant sans cesse la tradition de la steel-string. Ses pièces portent une force émotionnelle sans sentimentalité : ancrées dans le vécu, mais toujours ouvertes à la surprise. Son dernier passage à l’AB remonte déjà à 2013, lorsqu’il assurait la première partie de Linda Perhacs.
Liam Grant
Liam Grant est un guitariste et improvisateur originaire de la Nouvelle-Angleterre, nourri par la tradition American Primitive, que nous avons déjà accueilli à l’AB en 2024. Ses épopées modales, improvisations nerveuses et rags entraînants font écho à Takoma Records et au chemin tracé par Fahey, Basho, Walker, puis plus tard Glenn Jones et Jack Rose.
Grant puise profondément dans les paysages où il a grandi : des souvenirs de la Merrimack, d’Amoskeag et des eaux qui se dirigent vers la grande crue de Dead River. Depuis 2021, il a beaucoup tourné aux États-Unis et ailleurs, et a régulièrement collaboré avec Glenn Jones et le fiddler Mike Gangloff.
Son premier album, Amoskeag (2023), a confirmé sa place parmi les artistes émergents de la tradition steel-string. Son album Prodigal Son (2025, VHF Records) — une déclaration lo-fi pour guitare 12 cordes, 6 cordes et lap steel — a été salué par la Viking’s Choice de NPR et figurait parmi les albums préférés de 2025 de The Quietus et de Wilco.
Parmi les collaborations de Grant : des sorties discographiques avec Mike Gangloff, Sam Shalabi et des membres de The Three-Top Serenaders, ainsi que des contributions à des compilations comme The Sun Is Not True. Il fait partie de cette jeune génération qui renouvelle le vocabulaire musical de l’American Primitive : toujours ancré dans la tradition, mais porté par la curiosité, et façonné par les rivières et l’histoire de la Nouvelle-Angleterre.