Dans cette série de discussions, la KU Leuven et l’AB se penchent sur des questions sociales urgentes et explorent à quoi peut ressembler le changement dans les scènes musicales et nocturnes.
Le dimanche 1er février, nous nous retrouvons à l’AB Club pour une conversation qui semble de plus en plus inévitable : quel est le prix d’une prise de position dans l’industrie musicale ?
Ces derniers mois ont montré à quel point des positions politiques et éthiques peuvent entrer en collision avec les réalités du secteur live. Depuis qu’il est apparu que de grands investisseurs de festivals détiennent également des intérêts en Israël et en Cisjordanie, de nombreux artistes se retrouvent face à un dilemme : peut-on encore jouer sur ces scènes ? Et à quel prix ?
La contestation du système fait partie de l’ADN des musicien·ne·s. Mais jusqu’où peut-on s’opposer quand on dépend des mêmes flux financiers que l’on critique ?
Lors de concerts à Glastonbury et au Paradiso, le duo Bob Vylan a scandé « Death, death to the IDF » et « Free, free Palestine », des prises de parole qui leur auraient coûté des concerts, des bookings et leur agent. Leur histoire n’est pas un cas isolé : de plus en plus d’artistes refusent des contrats de festivals ou appellent au boycott en raison de liens avec le fonds d’investissement KKR.
Avec un panel qui traverse musique et pratique artistique, activisme et recherche, nous explorons la tension entre liberté artistique, dépendance économique et limites morales. Où se situe la frontière entre engagement et survie ? Que signifie encore la solidarité dans une industrie entièrement tournée vers le capital ?
Le modérateur Jasper Van Loy (journaliste à De Morgen & Humo) guidera la conversation avec : Saddie Choua, Willem Ardui, Tamer Nafar et Lieven De Cauter.
FYI : ce soir-là, le rappeur palestinien Tamer Nafar se produira également dans notre club. Découvrez-le d’abord lors de la discussion, puis vibrez à son concert.
À propos du panel
Saddie Choua
Saddie Choua est une artiste visuelle et cinéaste. Elle vit et travaille entre Bruxelles, Ostende et Lychnaftia. Elle est chargée de cours au RITCS Bruxelles et à Sint Lucas Anvers, et fait partie du collectif d’artistes ROBIN. Fin août 2025, Saddie a interrompu sa résidence d’été à la Rhizome gallery à Courtrai (organisée par le centre d’art BE-PART) pour naviguer avec la Global Sumud Flotilla vers Gaza.
Willem Ardui
Ces dernières années, Willem Ardui s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières de la pop et du hip-hop flamands. Connu avec blackwave. pour ses grooves dansants, son travail solo recherche délibérément le silence, la friction et la nuance. En dehors de la scène, il est activement impliqué dans Antwerp for Palestine, et avec blackwave. ils utilisent leur plateforme pour attirer l’attention sur le génocide en cours notamment via une collaboration avec Oxfam sur une campagne radio et des prises de parole sur scène à Pukkelpop.
Tamer Nafar
Considéré comme le parrain du hip-hop arabe, Tamer Nafar est rappeur, acteur, scénariste, auteur et activiste social. Citoyen palestinien d’Israël, parlant couramment l’arabe et l’hébreu et autodidacte en anglais, il s’est imposé comme l’une des voix palestiniennes les plus audibles en Israël, utilisant l’art et l’écriture pour relayer les réalités vécues par les Palestinien·ne·s dans la région.
Lieven De Cauter
Lieven De Cauter est un philosophe, écrivain et activiste belge. Il a publié une vingtaine de livres, dont The Capsular Civilization (2004) et Ending the Anthropocene (2021). Il a enseigné dans plusieurs institutions, principalement au département d’architecture de la KU Leuven et à l’école d’art RITCS. Il est aujourd’hui à la retraite et vit à Bruxelles.
Modérateur : Jasper Van Loy
Jasper Van Loy (né en 1994) a travaillé pour Knack, Knack Focus et Studio Brussel. Aujourd’hui, il écrit sur la musique pour De Morgen et Humo et anime sa propre plateforme Substack The Notes in My Ears.