Le meilleur de Le Guess Who? 2018. Faim et émotion.

Novembre. Pour beaucoup, ce mois est synonyme des premiers frissons d’automne, de feuillages rouges et jaunes et de dindes de Thanksgiving. Mais au cœur de l’AB, on n’aspire qu’à une seule chose : « Bientôt Le Guess Who? ! » Ce rendez-vous musical éclectique et effervescent pose chaque année ses valises à Utrecht pendant 4 jours. Wishlist en poche, nous avons mis le cap sur la ville néerlandaise munis d’une bonne paire de chaussures et d’une sacrée dose d’enthousiasme pour assister à la 12e édition du festival. Résultat : un top 8 de concerts qui nous ont titillé les sens et remué les méninges. Suivez-nous…

Anoushka Shankar & Manu Delago with MO Strings

C’est habillée d’une splendide tunique qu’Anoushka Shankar, la meilleure joueuse de sitar du monde, s’est jointe aux 27 membres des Metropole Orkest Strings. Assise en face de l’Autrichien Manu Delago, joueur de hang, elle a entamé avec lui un dialogue bercé par les instruments à cordes. Des sonorités indiennes classiques aux influences contemporaines, d’une beauté merveilleuse, féérique. Un bel exemple de la façon dont, chaque année, LGW? ouvre votre horizon musical pour vous faire goûter de nouveaux ingrédients inconnus. -LP

 

Sons Of Kemet

Avec Shabaka Hutchings au saxophone, Theon Cross au tuba et pas moins de quatre batteurs endiablés, Sons Of Kemet a embrasé la salle. Pas une seule seconde de répit, pas un instant pour s’essuyer le front dégoulinant : le groupe fonçait, impitoyable. On dansait, on hurlait, on se contorsionnait et on se déhanchait sur cette performance ultime qui, aujourd’hui encore, me fait roucouler de plaisir. -JDR

 

Blanck Mass

Un an déjà que « World Eater » de Blanck Mass (½ du duo Fuck Buttons) tourne en boucle sur mes platines, et at maximum volume comme le suggère la pochette du disque. Et quelle pochette ! En voilà des crocs qui font peur ! En première partie, Rhesus Negative a donné le ton pour ce set noise/hardcore ultradansant. Dansant, oui, mais pas du genre « mains en l’air ». Imaginez plutôt une obscure soirée indus’ dans un bunker, sur fond de menace terroriste de niveau 4. De quoi vous décrasser les oreilles ! -KVH

 

Devendra Banhart

Il a encore frappé, le « Grand prêtre du freak folk de L.A. ». Il a encore réussi à conquérir nos cœurs avec ses divines chansons latino-américaines. Une musique folk spirituelle comme on l’entend rarement. Los Angeles mixé à la sauce vénézuélienne, mais avec une bonne louche d’absurdité. Son passage à l’AB date déjà de 2005, mais ses chansons vous font perdre la notion du temps. Curateur à LGW? cette année, Devendrito s’est également produit dans la merveilleuse Grande salle du TivoliVredenburg. Pour le plus grand bonheur du public. -LP

 

STUFF.

Un festival éclectique comme Le Guess Who? ébranle toutes nos certitudes. C’est l’une de ses grandes forces. Pourtant, parmi toutes ces nouveautés passionnantes, je suis allée voir ma valeur sûre à moi. Et pour la énième fois, STUFF. ne m’a pas déçue. Avec leur set taillé à la mesure des esprits les plus hyperactifs, les avant-gardistes m’ont aspirée au pied de la scène. Ils naviguent entre jazz et hip-hop en passant par la noise pour finir sur une explosion de house. Mais comment font-ils ?! -AG

 

Neneh Cherry

C’est enveloppée d’un étrange naturel que Neneh Cherry est montée sur scène dans la sublime Grande salle du TivoliVredenburg. Voici une star qui s’est depuis longtemps débarrassée de son image hip-hop, comme le prouve son set torride et extrêmement varié. « Buffalo Stance » semble de l’histoire ancienne quand elle entame le mystérieux « Kong ». Les beats de Kieran Hebden, alias Four Tet, accompagnent sa voix à la perfection. Le public aurait voulu que ça ne s’arrête jamais. -IC

 

The Bug ft. Miss Red

La description faite par les programmateurs de LGW? m’intrigue : « destruction totale », « post-apocalyptique », « beats dub-noise dévorants ». Tout s’avère vrai. Le son de la MC/chanteuse Miss Red, alias Sharon Stern, et du producteur The Bug, alias Kevin Martin, pompe le sang dans des recoins inconnus du corps, le secouant comme une lessiveuse. Heureusement que l’installation sonore est entourée de grilles auxquelles s’accrocher, pour éviter d’être catapulté en l’air. The Bug ft. Miss Red, ou comment un concert peut se transformer en expérience physique. On en redemande. -LP

 

Escape-Ism

Il n’aura fallu qu’une seconde à Ian Svenonius pour scotcher toute la salle du LE:EN. Faisant répéter ses phrases et scats au public, il a signé un concert qui tenait davantage de la performance. Un soundscape expérimental très engageant, créé par un artiste simplement armé d’une guitare, d’un micro, d’une batterie et d’un enregistreur de cassettes. Voilà pourquoi nous aimons ce festival !

 

Bref, vivement la prochaine édition de Le Guess Who?. On se voit à Utrecht en 2019 !

Autres actualités