DOMINO # 13: UN GUIDE MUSICAL
Domino # 13: aperçu
Domino #13: et ses a-cotes !
1. UN VOYAGE MUSICAL A TRAVERS LES QUATRE CONTINENTS...
[DE L'AFRIQUE AUX PAYS DU GRAND NORD EN PASSANT PAR LE CANADA]
Cette année, le Domino regroupe plus de trente artistes originaires de pas moins de quatre continents. Et nous en sommes fiers, car en dehors des acteurs incontournables que sont la Belgique, les USA et l'Angleterre, il existe – dieu merci – encore beaucoup d’autres contrées où l’anticonformisme a droit de cité. C'est ainsi que l'Afrique du Sud nous envoie sa version locale de TV On the Radio dans laquelle nous croyons beaucoup. Celle-ci s'appelle BLK JKS (prononcez Black Jacks) et son premier EP sortira bientôt sur le label Secretly Canadian (cf. Antony, Jens Lekman,…). Quand aux pays du Grand Nord, ils seront représentés par l'Islandais Jóhann Jóhannsson et les Norvégiens de Svarte Greiner, The New Wine et Erlend Øye. L'Italie sera également au rendez-vous avec le trio Comfort. Le Japon nous offre, pour sa part, Mono tandis que les deux potes de Glasgow, Hudson Mohawke et Rustie, viendront hisser bien haut le drapeau écossais. L'Autriche n'a peut-être même pas conscience qu’elle nous envoie la beauté électronique de Fennesz et l'Allemagne peut être fière de la présence de The Notwist. Le Canada, pour terminer, sera représenté par le champion du breakcore Venetian Snares et Handsome Furs, le projet parallèle du guitariste de Wolf Parade.
2. DOMINO & SES COLLABORATIONS EN COULISSES
Le Domino est fier des accords de collaboration qu’il est parvenu à conclure, à l’ombre des projecteurs. Ces accords portent plus concrètement sur des échanges d'idées entre festivals qui partagent une même philosophie. Parmi ceux-ci, le festival Motel Mozaïque de Rotterdam qui se tient en même temps que le Domino et propose un mélange de musique, théâtre, cinéma et arts visuels. Si vous jetez un oeil à leur programmation, vous repérerez directement les similitudes. Le Domino s’est, en outre, associé à la Zuiderpershuis d'Anvers, un centre culturel consacré aux cultures du monde, pour une création plus que prometteuse, intitulée VOODOO TRANCE SOUND SYSTEM. Pour cette dernière, le batteur, percussionniste et compositeur Eric Thielemans a entraîné dans l'aventure le batteur de Björk, Chris Corsano, et Jeroen Stevens (I Love Sarah, Mauro,...).
3. FOCUS SUR … DES ARTISTES A L’ESPRIT OUVERT
La 13e édition du Domino affichera plus que jamais des artistes à l’esprit ouvert. STOP! Tous les artistes ne doivent-ils pas être ouverts d’esprit? Si, bien sûr. Mais force est de constater que les artistes que nous accueillons au Domino sont toujours un poil plus ouverts que les autres. Voyez plutôt...
Le pianiste de formation classique JON HOPKINS, l’une des découvertes à l’affiche du Domino, se donne corps et âme à l’électronica, mais cela ne l’a pas empêché de se lancer dans la production du ‘Viva La Vida’ de Coldplay. Wim Reygaert, le chanteur et guitariste de DRUMS ARE FOR PARADES est aussi réalisateur à ses heures et a sorti, il y a peu, le court métrage ‘Mompelaar’ (Le Marmonneur) qui a été primé meilleur court métrage à Clermond-Ferrand. Notez qu’au casting, on retrouvait, aussi, Serge Buyse de ’t Hof Van Commerce et Gunter Lamoot. Suivant l’exemple de The Notwist, Mono jouera bientôt accompagné par un orchestre. En effet, pour célébrer ses 10 ans de carrière, Mono se produira à New York, entouré d’un orchestre composé de 23 musiciens et dirigé par Jeff Milarsky. The Notwist avait fait de même, l’été dernier, en compagnie des 20 musiciens de l’Andromeda Mega Express Orchestra, spécialisé dans d’étranges interprétions classiques de modern jazz. Quant au grand prêtre autrichien de l’électronica Fennesz, il se refuse à faire cavalier seul et multiplie les collaborations avec, entre autres, David Sylvian, Mark ‘Sparklehorse’ Linkous et Mike Patton. Et, nous ne sommes encore qu’à mi-chemin de notre jeu « tissez des liens originaux».
4. FOCUS SUR DES LABELS AUDACIEUX
Une petite introduction au jazz ? Ecoutez Verve, Impulse! et Blue Note. Pour la musique alternative, allez plutôt fouiner du côté de Sub Pop, Rough Trade ou Secretly Canadian. Vous l’aurez compris, les labels indépendants ressemblent toujours à des constellations familiales et le Domino se veut, depuis des années, un lieu d’expression pour des labels comme Smalltown Supersound, Warp Records, Drag City , Kraak³ et bien d’autres. Cette année, c’est au tour de Type Records et du label bruxellois Stilll/Off.
Le label Type Records qui se spécialise dans la musique électronique de haut niveau (voir plus loin) fera l’objet de notre expo Domino. Certains artistes de son catalogue seront également à l’affiche, comme Xela, qui n’est autre que le groupe de John Twells, le gérant de Type. Le label bruxellois STILLL/OFF existe depuis 10 ans et fêtera l’événement avec enthousiasme en nous présentant quatre groupes très prometteurs. Stilll explore les recoins du ‘rock’ tandis que son sous-label Off s’engage plutôt dans la direction du new jazz et autres genres assimilés.
5. FOCUS SUR … LASER BASS.
Dans son premier numéro de 2009, le mensuel américain dance XLR8ER (prononcez Accelerator) consacrait plusieurs pages à un nouveau courant intitulé lazer bass. C’est dans le New Yorker que le terme a été utilisé, pour la première fois, par le chroniqueur musical Sasha Frere-Jones qui baptisait ainsi ce nouveau genre :’Call it Lazer Bass, Future Blab, Turbo Crunk, or “Pickachu’s Cunt”, but be aware of a new electronic hip-hop hybrid about to detonate a dancefloor near you…’ Soit un mariage entre le hip-hop et la techno de Détroit, qui mettrait l’accent sur la lourdeur des basses. Mais musicalement, qu’est-ce que cela donne le lazer bass, cher XLR8ER ? ‘A mix between hip hop’s and dancehall lyrical fire and insistent boom-bap with techno’s heavy kicks, glitchy noise, and 8-bit synths.’
A Montréal, la scène gravite autour de Ghislain Poirier et de Megasoid, chez qui on retrouve des membres de Wolf Parade et de Sixtoo qui organisent, tous les mois, leurs Turbo Crunk parties. Aux USA, elle se focalise sur des personnalités comme Flying Lotus et The Glitch Mo,tous deux originaires de LA, et Lazer Sword de San Francisco. Pour ce qui est de l’Europe, l’épicentre semble se situer à Glasgow et tourne autour du collectif LuckyMe avec notamment Rustie (qui a déjà enregistré pour Hyperdub et Warp), Dom Sum et Hudson Mohawke. LuckyMe gère également son propre label, dont la première sortie a été Hudson Mohawke.
En Grande-Bretagne, où le phénomène est considéré comme étant un dérivé du dubstep, le genre a été labellisé wonky. Que pensez-vous de cela, messieurs ? Hudson: “I like to be un-pin-downable. I’ll be pretty gutted if ‘Wonky’ ends up sticking. I’d rather it was called ‘Polyfolk’ or something.” Rustie: “How I feel about being ‘Wonky’: “Wanky!”
