En temps normal, je n'apprécie déjà pas beaucoup la pression de l'horloge qui tourne mais il faut bien admettre que mon année en tant que photographe officielle de l'AB a vraiment filé à une allure incroyable. Depuis septembre de l'année dernière, j'ai passé 57 soirées à l'AB, l'oeil vissé à mon appareil photo. En pratique, cela correspond en fait à près de 114 soirées, car pour chaque concert, il faut naturellement compter une soirée supplémentaire pour sélectionner et retravailler les photos. Ce n'était pourtant pas désagréable … Hélas pour bon nombre d'entre vous, mon travail est passé plutôt inaperçu. Les posts sur le blog étaient apparemment indispensables pour que les photos bénéficient de l'airplay - ou devrais-je dire l’airview - nécessaire. Pourquoi ai-je si peu écrit ? Il suffit de se reporter aux chiffres mentionnés ci-dessus. Pour moins que ça, vous seriez certainement prêt à jeter l'anathème sur votre ordi et à faire de votre lit un lieu saint ! Du reste, j'ai vu très peu de concerts jusqu'à la fin, pour éviter de rendre encore plus pénibles les confrontations avec mon réveil le lendemain matin, à 6h20.
J'ai bien sûr vu une flopée de premières parties. Josh Ritter, Nils Frahm, Tommigun et Ólafur Arnalds m'ont, par exemple, particulièrement séduite. Ce sont tous des artistes chez qui l'ambiance, et surtout l'émotion, jouent un rôle primordial. A noter que les groupes qui me plaisent le plus sur le plan musical ne sont pas nécessairement ceux qui livrent les photos de concert les plus spectaculaires.
Les têtes d'affiche de ces derniers mois qui m'ont notamment le plus marquée sont The XX, Coeur de Pirate, Soap & Skin, Balkan Beat Box et Mumford & Sons. 

The xx


Mumford & Sons
Avec The Scene, Meuris et Boudewijn de Groot, j'ai aussi eu droit à ce qui ce fait de mieux en matière de chanson néerlandaise. 
Boudewijn de Groot
Ce dernier est d'ailleurs un des rares concerts auquel j'ai assisté jusqu'au bout car les photographes étaient uniquement autorisés à prendre le rappel en photo. Ce qui n'est pas une si mauvaise idée après tout, car les photos prises lors du rappel sont généralement plus énergiques que celles tirées pendant les trois premiers morceaux, quand le groupe et le public cherchent encore leurs marques. Si cette règle venait à se généraliser, mon manque de sommeil chronique prendrait vraisemblablement d’épiques proportions !
Avec José James et Dee Dee Bridgewater, je me suis aussi essayée au jazz. 
Dee Dee Bridgewater

José James
Pour ce qui est des photos les plus intenses, c’est à The Black Box Revelation, The Kids, Funeral Dress et Pavement que je les dois.
The Black Box Revelation

Pavement
Il manquera malheureusement un grand nom parmi les photos exposées en octobre. J'aurais vraiment voulu pouvoir prendre une belle photo de Faithless, mais c'était sans compter sur le management du groupe. Comme cela avait déjà été le cas pour The Cult, la photographe attitrée de l'AB n'était pas autorisée à prendre des photos « à domicile ». J'ai lu par la suite dans le journal que Maxi Jazz avait failli ne pas pouvoir accéder à son propre concert. Si l’on peut douter de la véracité de l'article, j'ai tout de même pensé en moi-même et avec une certaine satisfaction : « oeil pour oeil, dent pour dent! »


